|
|
RUBRIQUE
FUMAISON Fumaison
à froid, fumaison à chaud, quelle différence
?
RUBRIQUE BASSINS DE JARDINS / ETANGS D'AGREMENT
Les esturgeons sont-ils
adaptés à la vie en bassin de jardin ? Combien
de temps peut-on transporter des poissons d'ornement ? Pourquoi
classer les koï par grade ? Pour
une koï, le grade de qualité a-t'il un rapport direct
avec la provenance ? Amour
blanc, amour argenté, sont-ils efficaces ? Moules
d'eau douce, sont-elles efficaces ?
Comment utiliser le sel pour
soigner ses poissons de bassin ?
Quelques astuces pour les
petits bobos... RUBRIQUE
AQUACULTURE Avec
quoi nourrissez-vous les truites ? Utilisez-vous
des médicaments pour poissons à la Pisciculture de
Villette ?
Comment devient-on pisciculteur,
est-ce un métier facile ?
Fumaison à
froid, fumaison à chaud, quelle différence ?
Ce sont deux méthodes très différentes qui
permettent de fumer le poisson. A la pisciculture de Villette, nous
utilisons les deux : Pour
nos truites, nous fumons à chaud : le four en
briques réfractaires est chauffé au bois à
plus de 220°C afin d'emmagasiner des calories (un peu comme
un four à pain). Ensuite, lorsque les flammes ne risquent
plus de griller nos poissons, ces derniers sont enfournés
suspendus à des grilles. Nous ajoutons des sciures de bois
(sélectionnées) sur les braises, afin d'augmenter
la quantité de fumée. les truites cuisent donc en
même temps qu'elles fument, et le procédé est
rapide puisqu'au bout d'une heure les truites sont prêtes,
cuites et fumées à point, et ne mettent que quelques
minutes à rejoindre notre magasin. Pour
nos saumons, nous fumons à froid : le four en
inox est muni de tiroirs dans lesquels nous faison brûler
des copeaux et des sciures de bois sélectionnés. Les
saumons sont en filets, posées à plat sur des grilles,
et sont séchés une nuit complète avant que
nous commencions à fumer. La fumaison proprement dite dure
la journée complète, et la température dans
le four n'exèdent jamais 25°C. Le poisson demeure donc
cru, sa texture de chair n'est pas du tout la même que pour
nos truites. Nous pouvons ensuite le parrer (enlever les arêtes...)
et le trancher, le tout fait main, évidemment.
Ces deux méthodes sont différentes, et le résultat
est dans les deux cas succulent. Nous fumons également des
anguilles, avec un procédé intermédiaire, "mi-cuit",
en quelques sortes...
| RUBRIQUE
BASSINS DE JARDINS / ETANGS D'AGREMENT |
Les
esturgeons sont-ils adaptés à la vie en bassin
de jardin ?
En France, la plupart des esturgeons vendus pour l'ornement sont
des Acipenser baeri, également appelés esturgeons
sibériens. Ils affectionnent les eaux plutot fraiches et
oxygènées (à l'origine ils vivent dans les
estuaires, les fleuves et les grands lacs).
Idéalement, il est donc judicieux de préférer
les bassins qui sont alimentés par une source ou un ruisseau.
Cependant, dans le cas d'un bassin clos, même équipé
d'une pompe de recirculation, il faut au moins 3 m3 par esturgeon,
avec de l'ombre ou un coin de fraicheur (donc une certaine profondeur,
90 cm à 1 m semble être le minimum), sinon il y a
un risque de manque d'oxygène pendant l'été.
Evitez d'introduire des poissons trops petits (moins de 30 cm),
ils sont juvéniles donc très fragiles.
Dernier conseil : attention aux algues filamenteuses, elles ont
tendance à colmater les ouïes des esturgeons qui les
mangent en recherchant leur nourriture.
Combien de temps peut-on
transporter des poissons
d'ornement ?
Pour vos koï et vos poissons rouges, nous vous fournisons
un sac gonflé à l'oxygène qui vous donne
plus de 24 heures d'autonomie pour le transport. Au besoin nous
fournissons un emballage isotherme pour éviter de trop
grandes fluctuations thermiques. Pour les esturgeons ou les amours
blancs, le principe est le même, mais les durées
de transport divisées par deux. Essayez de vous munir d'un
contenant (type lessiveuse ou caisse plastique) ou nous calerons
le sac plastique. Il faut que la dimension du bac soit suffisant
pour faire tenir à plat le poisson. Dans tous les cas il
n'y aura aucune éclaboussure dans la voiture !
Pourquoi classer les
koï
par grade ?
La classification A, B, C des koï est purement suggestive.
Pour un puriste, seul le grade A mérite l'appelation de
koï, ou plutôt de nishikigoï.
Cependant généralement les amateurs s'accordent
sur la classification suivante :
Carpe Koi
grade A (ou nishikigoi) : correspond aux critères de classification
des concours internationaux : couleurs, motifs, silhouette, etc...
(règles établies à l'origine par les japonais).
Chaque poisson doit pouvoir instantanement être répertorié
dans une des familles reconnues. La carpe koi grade AA est l'appelation
parfois réservée au poissons dignes de participer
à un concours (très rare en france car peu d'amateurs
prêts à mettre le prix).
Carpe Koi grade B : ces koï sont généralement
issus de géniteurs grade A, mais ils sont déclassés,
soit pour un défaut de silhouette, soit de couleur, soit
de répartition des couleurs...Parfois il y a de bonnes
affaires car évidement ils sont moins chers. A noter que
même avec 2 excellents géniteurs grade A, on obtient
guère plus de 1% de descendant grade A (sauf pour certaines
familles à robe unie ou les résultats sont meilleurs).
Koi garde C (ou koï européenne) : En général
ce sont les descendants lointains de carpes de grades supérieurs,
leurs couleurs sont plus fades et elles n'ont pas de motifs bien
défini. Elevées en étang, elles sont robustes,
grandissent vite, et sont idéales pour égayer un
bassin ou un étang si on s'interesse peu aux koï et
que l'on ne souhaite pas investir dans des poissons plus chers.
Enfin pour finir il faut préciser qu'il n'y a pas de norme
et ce qui concerne les koï, par conséquent le vendeur
peut facilement abuser son client débutant sur le grade
de ses poissons. Ainsi on voit très fréquement des
animaleries et des enseignes connues vendre des koï sous
l'appellation "koï japon" ou "koï grade
A" ou encore "Qualité A" alors que les poissons
sont des grades B voir des koï européennes bas de
gamme... Alors soyez patients et prennez votre temps pour choisir
des beaux poissons.
Pour une koï,
le grade de qualité a-t'il un rapport direct avec la provenance
?
Dans l'absolu, les grades ne refletent aucunement une provenance
ou une zone géographique. Cependant les grade A proviennent
très souvent du japon (parfois des USA), les grade B d'asie
et d'israel, un peu d'europe, les grade C viennent d'europe car
ce n'est pas rentable d'en importer d'ailleurs. Théoriquement,
on peut parfaitement élever des grade A en france, mais
la grande difficulté repose sur la maîtrise de la
séléction génétique, ce que personne
pour l'instant n'arrive à faire avec la même qualité
que les éleveurs japonais. Certains importateurs de koï
font du grossissement, c'est à dire qu'il font grossir
les koï grade A pour les vendre avec une taille supérieure.
La aussi c'est délicat, (surtout d'un point de vue sanitaire),
et seuls de grands spécialistes y parviennent parfaitement.
Amour blanc, amour
argenté, sont-ils efficaces ?
Les carpes herbivores, ou encore amours blancs, sont très
efficaces pour réduire les algues dans un plan d'eau. Ils
sont assez craintifs et sauvages, et deviennent très gros
en quelques années, redoublant d'efficacité. Ils
sont de loin la solution la moins coûteuse pour ceux d'entre-vous
qui ont des petits étangs envahis de végétation.
Pour savoir combien de poissons introduire, il faut un diagnostique
précis en fonction des variétés de plantes
présentes, le taux d'envahissement et bien sûr, la
surface du plan d'eau...Contactez-nous ! Nous vous déconseillons
d'introduire des amour blancs dans les cas suivants :
- si votre bassin est petit (moins de 10 m3) : ils auront du mal
à trouver leur équilibre.
- si les poissons sont juvéniles (moins de 15 cm) : ils
sont assez fragiles, et ont toutes les chances de mourrir en quelques
semaines.
- si vous souhaitez conserver une flore variée et développée
: ils ne distinguent pas les algues et les plantes génantes
de celles que vous avez planté patiemment...
Les amours argentés ont une action filtrante. Ils se nourrissent
donc de phytoplancton, mais leur action "éclaircissante"
est très discutable : en effet plus ils éliminent
les microalgues, plus l'eau s'éclaircit et plus il y a
de photosynthèse. Par conséquent d'autres micro-algues
réapparaissent, et l'eau ne s'éclaircit pas vraiment...
Par contre ces poissons très originaux d'un point de vue
esthétique n'abîmerons pas vos plantations. Ils deviennent
aussi très gros, alors attention à ne pas les introduire
dans un trop petit bassin...
Moules d'eau douce,
sont-elles efficaces ?
Les moules d'eau douce filtrent l'eau pour se nourrir de phytoplancton.
Cependant leur action sur la turbidité du bassin est négligeable.
Ne les introduisez que si vous souhaitez diversifier la faune
de votre bassin, mais sans espérer un résultat miracle
pour éclaircir l'eau...
Comment utiliser le sel pour soigner ses poissons
de bassin ?
Le sel (ou chlorure de sodium NaCl) est le premier remède
d’urgence pour vos koï et vos poissons rouges. Le sel
permet de traiter et d’éliminer rapidement la plupart
des parasites et maladies externes de vos poissons (maladie des
points blancs, champignons, mousses, nécroses des nageoires,
plaies, etc…) Il permet également d’annihiler
la toxicité des nitrites.
Il est très économique, ne perturbe pas les bactéries
de votre système de filtration. Dans la mesure du possible,
il faut utiliser du sel non iodé.
Deux méthodes possibles pour administrer le traitement
:
1°) Traitement de l’ensemble
du bassin - Le dosage doit être de 0,2% de sel (0,3% maximum,
ce qui représente 2 kg de sel par mètre cube d’eau
(1000 litres).
Commencez si possible par renouveler 20 à 50 % de l’eau
du bassin (attention au chocs thermiques).
Ensuite verser 1 kg de sel par mètre cube toutes les 12 heures
à 3 reprises, pour arriver à 3 kg/m3 en 36 heures
(pour appliquer, dissoudre le sel dans un arrosoir d’eau de
bassin). En cas d’urgence, appliquer 2 kg par m3 en une seule
fois.
Laissez agir 2 semaines, puis renouvelez 5 à 10 % de l’eau
chaque jour pendant 10 à 15 jours pour éliminer le
sel.
Attention : Le sel ne dérange pas les nénuphars
ni les iris. Il peut faire jaunir les laitues et les jacinthes.
Les élodées ne le supportent pas, placez-les à
part pendant le traitement.
2°) Traitement du poisson
malade par balnéation
Le dosage doit être de 2% de sel (3% maximum), ce qui représente
20 g de sel par litre d’eau.
Préparez votre sel dans un seau de quelques litres d’eau
du bassin, attention à la pesée du sel ! Une fois
le sel dissous, capturez votre poisson à l’épuisette
et placez-le dans le seau pendant 10 mn maximum. Surveillez attentivement
le poisson. S’il donne des signe de faiblesse et qu'il se
couche sur le flanc, interrompez le traitement et remettez le
poisson dans le bassin avant de recommencer à une dose
moitié moindre. Si le poisson est agité et essaie
de sauter, c'est "normal", traitez 10 mn maxi. A renouveler
tous les 2 jours… en alternance éventuelle avec un
autre traitement.
Quelques astuces pour
les petits bobos...
Votre koï ou votre poisson rouge souffre d'une plaie ouverte
(écaille perdue, égratignure, coup de bec de héron...)
ou d'une nécrose des nageoires ? Il faut être vigilant,
car s'est une situation propice à une infection (bactérienne,
fongique ou parasitaire).
Voici deux produits en vente en pharmacie, peu chers et souvent
bien plus efficaces que tous les remèdes très coûteux
vendus en animalerie...
La BETADINE en GEL (et non liquide). Badigeonnez délicatement
la plaie (et uniquement la plaie) avant de remettre le poisson
à l'eau.
Le PERMANGANATE de POTASSIUM : il s'achète liquide, appliquez-le
délicatement avec un coton sur la plaie avant de remettre
le poisson à l'eau.
Ces produits sont idéals en altérnance avec le traitement
au sel en balnéation.
Il existe deux autre produits, plus durs à trouver, très
efficaces en balnéation contre les problèmes fongiques
et parasitaires :
La CHLORAMINE T et le VERT MALACHITE, ce dernier s'appliquant
souvent en association avec le formol. Les dosages sont délicats
et dépendent de la concentration de la solution mère
: référez-vous à la notice.
Quant au BLEU DE METHYLENE, il est peu efficace pour les poissons
de bassin, il est préférable de ne l'utiliser que
de façon préventive et non curative.
Avec quoi nourrissez-vous
les truites
?
Les truites sont des poissons carnivores qui en France sont nourries
avec des aliments riguoureusement contrôlés, composés
de farines et d'huiles de poissons dont la provenance est entièrement
tracée, et également d'une petite fraction de céréales
(sans OGM). Il n'y a donc pas de farine d'animaux terrestres dans
les aliments pour poissons. D'autre part la profession est très
attentive à ce que les normes concernant les taux de dioxines
ne soient jamais dépassées, ce qui oblige les fabricants
d'aliments à contrôler chaque lot de poissons sauvages
entrant dans la composition des aliments.
Utilisez-vous des
médicaments pour poissons à la Pisciculture de Villette
?
Notre pisciculture artisanale est axée sur l'affinage
des truites. Nous recevons depuis des alevineurs et
éleveurs "sains" nos petites truites, presque
adultes. Celles-ci finissent de grossir chez nous. Dans notre
pisciculture nous n'utilisons pas de médicaments (donc
pas d'antibiotiques). Afin de prévenir les problèmes
sanitaires, nous pratiquons une désinfection préventive
du matériel et des viviers. C'est un choix rare qui implique
une mortalité supérieure à celle d'un élevage
utilisant des médicaments, mais nous avons fait ce choix
dans un but de qualité et de meilleure communication pour
nos ventes. Dans le cas ou il y a une maladie, il faut alors l'identifier;
Certaines impliquent l'abattage du cheptel, mais c'est extremement
rare (cela ne nous est jamais arrivé), principalement du
fait que les maladies des salmonidés ne sont pas transmissibles
à l'homme. Donc un poisson malade est encore commercialisable
pour la consommation. Par contre certaines maladies virales impliquent
que les poissons ne peuvent plus etre réintroduits en rivière
ou étang, de facon à ne pas disséminer la
maladie. Plusieurs élevages en france sont interdits de
vente de poisson vivant, en attente d'éradiquer le virus
(par un assec avec désinfection en général).
Comment devient-on pisciculteur, est-ce un
métier facile ?
Beaucoup de jeunes gens viennent vers moi pour se renseigner
sur le métier de pisciculteur, ou parce qu'ils ont un projet
professionnel en ce sens. Ce sont des questions très ouvertes
auxquelles je ne puis apporter que des pistes afin que vous trouviez
vous même vos propres réponses.
Tout d'abord, il faut savoir que c'est un métier difficile
et sinistré, puisqu'il y a beaucoup moins de pisciculteurs
aujourd'hui qu'il y a une vingtaine d'années.
D'autre part, il ne suffit pas d'aimer la pêche et les poissons
pour se lancer ! C'est un métier complet : commerce, gestion,
paperasseries innombrables, livraisons, travail en atelier de transformation,
entretien du matériel et du site (plomberie, maçonnerie,
espaces verts...), et enfin soins aux poissons. Par conséquent,
il faut avant tout être courageux (le travail 7 jours sur
7 n'est pas rare), polyvalent, commercant, aimer la nature (mais
aussi aimer travailler tout seul dans son coin pendant que les autres
se reposent !). Quant à la pêche, et bien en général
un pisciculteur n'a pas le temps d'y aller... ou si peu.
En bref, c'est un métier passionnant mais difficile.
Il existe en France d'excellentes formations à plusieurs
niveaux : BEPA, Bac pro, BTSA, voire deuxième et troisième
cyles universitaires ou ingénieurs : renseignements dans
les centres d'orientation, sur internet...
Le problème réside dans le fait qu'il y a beaucoup
plus de diplômés que de places disponibles sur ce
tout petit marché de l'emploi. Mon conseil est donc de
faire des études plus "généralistes"
tant que vous le pouvez, ou de se spécialiser dans une
filière connexe plus riche en emploi (environnement, agriculture
et espaces verts, etc...). Ensuite, vous pourrez toujours vous
spécialiser en reprennant un enseignement piscicole à
votre niveau.
Le résultat, c'est que si vous ne trouvez pas de travail
en aquaculture, vous pourrez toujours trouver un autre travail
en attendant.
N'oubliez pas : sérieux, motivation et courage (avant même
la passion) sont les clés du métier.
|
|
|